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Geneviève-Elisabeth Francart-Disdéri ca 1817-1878

Elle est reconnue à l’étranger comme l’une des rares femmes photographes de l’époque. Elle fut exposée aux Etats-Unis lors de rétrospectives et son nom figure dans le répertoire des femmes photographes en tant que l’une des pionnières de cet art. Un article de Jean FOUCHER paru dans le numéro d’avril 1984 de la revue « Les Cahiers de l’Iroise » apporte un éclairage important sur la vie d’Élisabeth Francart-Disdéri en Bretagne. Ses données ont servi de base à la biographe de Disdéri. Mes recherches apportent un complément sur cette femme et son compagnon Eugène-René Collet-Corbinière. 

A la fin de cet article j’intègrerai un essai de biographie de son époux collecte de provenances différentes mais également mise en interrogation de certaines données pour tenter d’éclaircir certaines périodes.

Marie-Françoise Bastit-Lesourd.   2006- avril 2017

www.cahiersdeliroise.org/

L’article qui suit a servi de base sans mention de ses sources pour la biographie d’Elisabeth Francart-Disderi parue en décembre 2015 sur le site PATRIMOINE-PARISBRETON.ORG et en gardant des erreurs sur sa naissance. 

https://www.fondation-patrimoine.org/fr/national-0/ressources-en-ligne-14/guides-pratiques-215

Merci aux utilisateurs des données qui suivent de mentionner leur source. 

Autant il nous est possible de nous représenter son ex-époux par le biais des multiples autoportraits qu’il réalisa, autant il nous a été difficile de trouver une image d’Elisabeth Disdéri-Francart. C’est en revenant régulièrement sur la toile que nous avons eu la chance d’en trouver une sur un site espagnol.

 

DISDERI FRANCART Elsabeth par A. Neveu photographe

Elisabeth Francart par A.Neveu site espagnol MCU

FRANCART DISDERI Elisabeth bvpb.mcu.es es catalogo imagenes impresion.

Photo trouvée sur le site espagnol bvpb.mcu. et communiquée au musée d’Orsay; département de la photographie au printemps 2016.

Madame Disdéri, André Adolphe Eugène (entre 1842 y 1911) – A. Neveu Phot., Establecimiento fotográfico Copia digital
Ver EjemplaresEjemplares
Número de control: BVPB20140028719
Autor: A. Neveu Phot., Establecimiento fotográfico Ficha de la autoridad
Título: Madame Disdéri, André Adolphe Eugène
Publicación: [S.l.] : [s.n.], [entre 1842 y 1911]
Descripción física: 1 lám. (tarjeta)
Notas: Esposa del fotógrafo Disdéri, André Adolphe Eugène
Colección Muruais
Género / forma: Retratos Ficha de la autoridad
Tipo de publicación: Ilustraciones y Fotos Ilustraciones y Fotos
Ejemplares:
Biblioteca Pública del Estado en Pontevedra. Signatura: m_736_499

A. Neveu dont on ne retrouve aucune mention biographique détaillée à l’exception de la vente de son atelier en 1874 . Il nous offre le portrait en pied d’une femme à l’allure simple, tête nue dans une tenue sans afféterie, sans coquetterie dépensière, loin de l’image d’une femme dans l’excès comme son époux que certains lui ont attribuée. Le costume qu’elle porte est plus à la mode des années proches de 1865. Elle s’appuie sur un dossier de chaise, posture que l’on trouve plutôt pour les hommes. Peu de renseignements trouvés sur le photographe, A. NEVEU qui a son atelier  73 rue des Batignolles à Paris et ne figure pas dans les dictionnaires biographiques.  Il le revend à J. Bernard en 1874. Merci à Hervé Lestang pour son aide et son site « Portrait Sépia ».  

Selon nos recherches il pourrait s’agir d’Henri Alfred Neveu né en 1836 et époux de Victoire Ménage, couturière.
Le portrait d’Elisabeth est donc antérieur à 1874 et serait daté entre 1865 et 1874.

 

Biographie d’Elisabeth Francart-Disdéri suivie de celle d’Eugène Collet-Corbinière

 

ill 9 FRANCART Elizabeth 1877 autographe

Signature d’Elisabeth Francart Disdéri en 1877 sur l’acte de mariage de son fils Jules

 

Elisabeth Disdéri est appelée quelques fois Geneviève Elisabeth Francart mais à l’époque  – vers 2006- où je débute mes recherches, le Musée Niepce en France ne peut donner son nom de jeune fille, à la différence des sites anglo-saxons. La situation a été rétablie depuis.

Les dates habituellement données sont 1817–1878. Kelley. E. Wilder sur le site de la « Photography Encyclopedia » donne pour indications biographiques qu’Élisabeth Francart est née à Brest vers 1817 et est fille d’un industriel de cette ville or les recherches généalogiques ne font pas apparaître de naissance à Brest.

Par son acte de décès à Paris en date du 16 décembre 1878, nous apprenons que Geneviève Élizabeth Francart est née dans cette même ville et est la fille de Nicolas Francart et de Geneviève Joséphine Ternois. L’acte de décès indique de manière peu lisible l’âge de soixante un ans.

Elle a plusieurs frères,

  • Prosper Pierre Louis Nicolas Joseph né le 27 février 1814 à Paris.
  • Louis Adolphe né le 24 mai 1816 à Paris 5ème arr ; Le 9 mars 1857 il épouse à Constantine, Algérie, Marie Louise Julie Fouillous née en 1833. Il meurt le 24 janvier 1858 en cette ville quelques jours après la naissance d’un fils prénommé Gustave Adolphe.
  •  Antoine Auguste né le 26 janvier 1818 à Paris.
  • Louis François né le 19 février 1819 à Paris.
  • Paul Léon  né en 1827 à Paris- DCD à Brest en 1857.

Il ne reste donc plus pour l’arrivée d’Elisabeth que l’époque du printemps 1817 entre février et avril.

Nicolas Francart  son père est entrepreneur de charpente et demeure 4 rue de la Grange-aux-Belles tout comme Pierre Ternois[1] le grand-père maternel d’Élisabeth qui exerce au même endroit le métier de maître-charpentier. Actionnaire de la « Compagnie des pont, gare et port » de Grenelle[2] aux côtés de noms prestigieux tels que Claire de Kersaint de Duras, compagnie créée en juillet 1826. Nicolas Francart y apparaît pour 10 actions mais cela a dû lui assurer des revenus importants dont sa fille a retiré des bénéfices lui permettant de vivre confortablement.

  • Le pont est ouvert aux piétons et aux voitures (à cheval) le 1er mai 1827, avec un droit de péage variant de 5 centimes de francs pour un piéton à 25 centimes pour un carrosse à deux chevaux et, concernant les animaux, 1 centime pour un porc, mouton ou chèvre, 2 centimes pour un âne et 5 centimes pour un cheval, bœuf ou vache.

En tant que membre de la Compagnie des entrepreneurs, Nicolas Francart participe aussi à l’urbanisation de ce quartier parisien de Grenelle qui devient l’un des plus dynamiques de la capitale.

Nicolas Francart, décède le 7 avril 1832. Elisabeth serait donc alors âgée d’une quinzaine d’années.

Par quel biais eut-elle l’occasion de rencontrer Adolphe Disdéri qui  mena une vie mouvementée avant de se faire connaître par les portraits et son invention de la photographie format « carte de visite », nous l’ignorons encore à ce jour. Adolphe est né le 28 mars 1819 et il est donc un peu plus jeune que son épouse. Il est le fils d’André Disdéri (1788-1840) et d’Eugénie Mérigo ou Mérigot.

Les Francart de Brest

Selon J. Foucher, les Disdéri viennent à Brest car un frère d’Élisabeth y est en poste de sous-commissaire après 1848 et ce pour quelques mois. Il s’avère en fait selon mes recherches que plusieurs membres de la famille Francart ou Francard ont quitté l’Est de la France sous l’Empire pour venir travailler à l’arsenal. Brest, comme les villes portuaires de France dotées d’un arsenal, brasse une population fort diversifiée en lien avec les différentes activités liées au maritime. Chez les Francart, les hommes de la famille sont canonniers ou serruriers et occupent des postes de contre-maîtres ou ouvriers spécialisés. Il semble qu’ils soient venus se fixer à Brest juste après la révolution alors que Napoléon œuvre pour reformer la marine française et la flotte. C’est une période d’intense activité dans les trois villes qui possèdent un arsenal : Toulon, Rochefort et Brest.

Les descriptions de voyageurs passés dans la ville restituent une ambiance d’activité intense et bruyante qui règne sur les lieux. Les ouvriers sont souvent décrits comme une masse ignorante, turbulente, grossière et brutale, à l’émotivité et réactivité périodique. Le travail est dur et les salaires sont misérables. Les ouvriers sont payés à la tâche ou bien sont regroupés sous la coupe d’un entrepreneur qui négociait un marché, rétribuait faiblement ses employés et les licenciait s’ils récriminaient ou si la charge de travail venait à baisser. La mention dans les actes d’état civil pour les Francart de ce terme « Entrepreneur » revient à deux reprises. Si pour une raison de santé ou autre, les ouvriers ne peuvent travailler, leur vie et celle de leurs familles, chute. L’alcoolisme fait des ravages, la prostitution également. Émile Souvestre, comme plusieurs autres s’en émeut et il en a fait le récit dans son premier roman l’Échelle des femmes.

En 1840, le 24 février, un dénommé Joseph Victor Francart[1], épouse à Recouvrance, une jeune femme dont le père porte un nom à consonances  du sud, Deagostiny, et la mère un nom bien breton : Calvez. Il est le fils de Joseph Francart et de Marie Guillemette Louarn qui se sont mariés à Brest en 1815.

  • Joseph Francart, né en 1792 le 2 avril à Varennes, vue 33 – dans le département de la Meuse créé à la Révolution- Il a pour parrain Joseph Ponsin qui est grenadier volontaire au 2ème bataillon du département de la Meuse. Il est ouvrier d’artillerie de marine lors de son mariage le 2 septembre 1815 et il va progresser dans la hiérarchie pour finir contremaître. Il épouse Guillemette Louarn née à Brest dont le père est calfat au port. Les témoins sont tous issus du milieu de la construction navale : poulieur, chef de poulinerie, charpentier, pompier au port.
  • Jeanne, la sœur aînée des Francart, est née à Nancy le 5 juillet 1790. Elle épouse le 13 avril 1812 un ouvrier des Compagnies d’artillerie de Marine originaire de l’Ille-et-Vilaine, Mathurin Julien Baloche. Veuve elle se remarie à 33 ans le 11 août 1823 avec Philippe Augustin Etienne Le Normand âgé de 51 ans chef de timonerie à Brest. Le couple vit à Recouvrance et a deux enfants.
  • Anne née le 22 octobre 1795  à 55 – Varennes-55- Elle épouse le 15 avril 1820 César Auguste Marie Derambure sergent de la Compagnie des ouvriers d’artillerie de marine.  Son frère Joseph est alors caporal dans la même compagnie. Deux frères du marié sont tailleurs tout comme sa fille du premier lit qui sera « tailleuse pour hommes ».
  • Claire Sophie est née à Brest le 1er octobre 1800. Le 10 août 1841, Claire Sophie Francart, installée comme « tailleuse » au 65 de la rue de Siam, épouse à l’âge de quarante ans Jean Baptiste Félix maître canonnier au port en présence de son frère Joseph Francart, contre-maître armurier et âgé de 49 ans. Les autres témoins sont Lenormant, invalide de la Marine âgé de 70 ans et François Joseph Théophile Adelus, marchand-épicier de 35 ans, neveu. La signature de Sophie est très malhabile.

Claire-Sophie, son frère Joseph Victor et leurs sœurs Jeanne et Anne , sont les enfants de Joseph Francart né en 1758 à Luneville ( non trouvé de naissance Francart dans cette ville. Il se pourrait que ce soit plutôt Nancy ou Sedan ) et de Barbe Duchesne née en 1760 à Luneville et mariés le 11 octobre 1785 à Lunéville en Lorraine.

Elisabeth et ses frères ont donc de nombreux parents à Brest. D’un milieu simple, les femmes de la famille travaillent et pour plusieurs sont « tailleuses’ mais n’ont pas de boutiques.

 

Les frères d’Elisabeth

Prosper

Dans son article, Jean Foucher fait mention d’un frère d’Élisabeth, nommé « Sous-commissaire de la République » à Brest en 1848, ce qui équivalait alors à « sous-préfet » entre mars 1848 et juillet. Intronisé le 27 mars en fanfare et révoqué en septembre 1848 par le ministère Cavaignac. Son intronisation est accompagnée par « La Société des Amis de la Constitution » (??) où se retrouvent nombre de francs-maçons. Jean-Yves Guengant dans le répertoire des maçons brestois de la loge « Les amis de Sully », note  un dénommé « Prosper Francart, ingénieur civil, affilié le 27 janvier 1847 ». Le journal de Jurisprudence du royaume fait mention en 1847 d’un dénommé «Prosper Francart entrepreneur de vidanges de fosses d’aisances», condamné pour non-déclaration de travaux, cette activité étant fort réglementée à une époque où le tout-à-l’égout n’existait pas  mais également s’avérait très lucrative. Mais Prosper a eu une jeunesse agitée et fit même de la prison pour ses opinions politiques. Suivant le dictionnaire de Maîtron, il est initialement menuisier mais on trouva chez lui le 14 avril 1834 un exemplaire d’un journal intitulé Le Républicain du 1er avril 1833. Il fut alors condamné à quatre mois de prison. Puis de nouveau fut condamné à quinze jours en février 1835 pour voies de fait. Il est inquiété une troisième fois en juin 1836 dans l’affaire dite de Neuilly ou du complot Chavot contre la vie du roi.

  • Prosper Francart vit la police envahir son domicile : les agents découvrirent une            vieille arme au moins un exemplaire de L’Egalitaire, des adresses et surtout « six         pièces faisant connaître que Francart faisait au mois de novembre et décembre 1833   partie de la section « Marche en avant «  du Xème arrondissement de Grenelle  et qu’il était commissaire de quartier ».

La documentation ne précise pas de quelle société à 18 ans Francart était déjà un responsable de quartier. Il doit s’agir de la Société des droits de l’Homme. 

Il est probable qu’il quitte la capitale peu de temps après pour rejoindre la branche familiale installée à Brest car il apparaît comme inscrit à la Société d’émulation de Brest en 1837.

Membre tout comme Prosper, le frère d’Elisabeth de la Société d’émulation de Brest depuis 1837, société qui regroupe les cercles intellectuels et économiques de la ville et pareillement cessant d’y être inscrit après 1847, nous notons l’ingénieur Aristide Vincent qui restera un ami du couple. Industriel puis journaliste lors de l’arrivée des Disdéri à Brest, Aristide Vincent est un homme engagé, pétri d’idées socialistes et qui se montre le propagateur de la théorie fouriériste sur le Finistère. C’est donc tout naturellement que Disdéri et lui s’engagent pour les mêmes causes républicaines. En 1852, A. Vincent devient le directeur de la Compagnie des paquebots à vapeur fluviaux et maritimes, entreprise qu’il rachète en 1867. Un autre ami selon Foucher se nomme Le Doré mais dans cette famille ils sont plusieurs à être des militants socialistes et nous ne savons pas duquel il est question. Est-ce Joseph, est-ce Armand qui avec Disdéri se rend sur les pontons pour venir en aide aux transportés au nombre desquels vit Adolphe le frère aîné d’Elisabeth avant d’être envoyé en Algérie ? Joseph a plusieurs fils qui suivent sa voie et sont des militants socialistes ayant souvent maille à partir avec la police pour leurs activités. Nous retiendrons d’après Arsène Sauva et Joseph Olivier qu’Eugène Le Doré né en 1840 est menuisier. Membre de la section brestoise de l’Internationale, il est accusé d’appartenir à une société secrète et arrêté en mai 1870. Libéré, Le Doré s’expatrie aux États-Unis en 1873 à 33 ans.

 

Adolphe

Si les opinions politiques de Disdéri sont connues et mentionnées dans les biographies, du côté Francart les frères d’Elisabeth sont aussi de fervents républicains et socialistes, agitateurs politiques connus des services de police et en particulier son frère Adolphe Francart.

Celui-ci exerce plusieurs emplois après avoir quitté l’armée vers 1841. Tout d’abord agent de paye aux ateliers nationaux, il travaille ensuite comme teneur de livres jusqu’en 1848 chez des commerçants de la rue St Martin.  Le 27 décembre 1849  Louis Adolphe, tout aussi révolté que leur frère Prosper dans sa jeunesse, arrive à Brest mais dans des conditions particulières. Il est au nombre des insurgés parisiens arrêtés en juin après les émeutes de 1848. Il prit les armes le 23 juin 1848 avec l’intention de « saigner la garde bourgeoise » et fut arrêté le soir rue Ste Apolline porteur de cartouches, la bouche et les mains noires de poudre. Après avoir été transféré au fort du Hommet à Cherbourg puis en février 1849 à Belle-Île, il est incarcéré le 27 décembre 1849 à Brest sur le ponton « La Guerrière ». Il y croupit plus de trois ans avant d’être exilé à Sétif en Algérie et gracié d’exécution en 1856.   Sources : arch min guerre A 3218

L’ouvrage, Les transportés de 1848 mentionne

  • Francart Adolphe Louis — 32 ans Teneur de livres rue neuve Saint-Denis 12 bis Célibataire 0 Classement à Belle-Ile : Dangereux Très dangereux, très exalté homme d’action. Tableau réalisé par Louis-José Barbançon https://criminocorpus.org/statistiques/13781/transportes/
  • Décisions des commissions et conseils de guerre: http://tristan.u-bourgogne.fr:8088/4DCGI/Fiche1848/4528
Date d’arrestation (pour les seuls transportés) : 23 Juin 1848
Commission : 4 – Décision : Transportation – 7 Août 1848
Détentions
Date de départ pour le Havre, nuit du : 17 Août 1848
Sur les pontons, dans les forts ou les prisons : Fort du Hommet (Cherbourg)
Détenu à Belle-Ile, date d’arrivée le : 2 Février 1849
Observations indiquées dans le registre F/7/2585 : Transporté en Algérie. Interné à Sétif suivant décision impériale du 14/12/1853. Gracié en exécution du décret impérial du 20 mars 1856.
Remarques de l’auteur de la base de données : De Belle-Ile, transféré à Brest, le 27/12/1849.
Service historique de la Défense. Numéros des dossiers personnels : 3218 – Cote : 6 J 43

Lorsque Adolphe Francart est tranféré à Brest  son beau-frère Disdéri se préoccupe de son sort et de celui de ses compagnons  et se rend sur les pontons pour visiter les prisonniers.

Dans le Moniteur du 25 février 1850, on peut lire p. 667 :

  • “De Cherbourg, le 21 février 1850.” […] “Les frégates à vapeur le Gomer, capitaine Paris et l’Asmodée, capitaine Fourteu-Nauton, sont parties de Cherbourg et de Brest pour conduire en Algérie, les transportés de juin 1848, lesquels seront détenus à la Casbah de Bône. ”

 

Léon

Petit dernier il rejoint ses frères et sa sœur à Brest. Il est menuisier.

 

Elisabeth et Disdéri

Selon Michèle et Michel AUER dans leur Encyclopédie internationale des photographes de 1839 à nos jours parue aux éditions Caméra Obscura en Suisse en 1985, Disdéri épouse Geneviève Francart le 8 mars 1843 à Paris (5ème arr) et devient alors fabricant de lingerie. L’apport de financement aurait été le fait du père de Geneviève Francart  or il est décédé depuis plusieurs années à la date du mariage mais les actions qu’il possédait dans la Compagnie de Grenelle ont sans doute donné à ses descendants une certaine aisance financière. La mode de la lingerie féminine connaît un essor fulgurant au XIXème siècle et Disdéri a dû envisager de réaliser des gains importants dans cette nouvelle mode.

Cette activité n’a rien à voir avec ses occupations précédentes. Adolphe Eugène est né à Paris où son père était marchand de toiles. Il a tout d’abord étudié la peinture dans l’atelier de Charles-Abraham Chasselat (1782-1840) de 1831 à 1837. Ensuite, il s’est dirigé vers le théâtre et a fait partie de la troupe du théâtre de Grenelle ouvert en 1830 et proposant des spectacles pour un public populaire, alors que les scènes parisiennes s’embourgeoisent. Il y exerçait sans doute l’activité de peintre de décors. Étant soutien de famille après le décès de son père en 1840, Disdéri n’a pas fait son service militaire.

Grâce au travail de Marc Durand, De l’image fixe à l’image animée (1820-1910) et des documents du Minutier central des notaires de Paris relatifs à l’histoire des photographes et de la photographie mis en ligne nous avons pu compléter nos données sur le parcours de Disdéri.

Quelques mois après leur mariage, le 19 août 1843, Disdéri crée une société et quinze jours plus tard il donne procuration à Gabriel Warée (- parfois nous trouvons « Varé » ou « Varet »), son teneur de livres pour gérer et administrer la société. Dans quelle nouvelle entreprise s’est-il alors engagé ? A-t’il quitté Paris pendant quelques temps avec son épouse et quel nouveau projet l’a séduit? Disdéri était sans ressources personnelles et cette société périclita rapidement et fut dissoute avec un passif de 7 à 8000 francs environ qu’il se serait engagé à payer envers son associé.

  • Cette première affaire étant à peine réglée que le Sieur Disdéri formait, rue Bourbon-Villeneuve, N°54, un établissement de bonneterie, à l’aide d’un prêt. Une année s’écoulait ainsi et le Sieur Disdéri se voyait forcé par quelques nouvelles dettes de liquider ce nouveau commerce.

Un ou deux enfants naissent à Paris de leur union mais meurent toutes deux à quelques semaines d’intervalle en 1845.

Très vite après son mariage, Elisabeth déchante sur les capacités de gestionnaire de son époux et elle prend la résolution de demander la séparation de biens le 28 avril 1845 ce qui lui est accordé par jugement du tribunal de première instance de la Seine, en date du 18 juillet 1845. Quelques semaines plus tard le 30 août 1845 est dressé un procès-verbal d’ouverture des opérations de liquidation des reprises de Geneviève Élisabeth Francart, contre son mari, André Eugène Adolphe Disdéri, fabricant de lingerie, demeurant 54, rue Bourbon-Villeneuve.

En juillet 1845 la séparation de biens entre les deux époux est officiellement actée.

A l’automne 1846 leurs deux premiers enfants meurent, fait relativement courant à l’époque mais qui ne peut que fragiliser Elisabeth.

Disdéri décide alors de rejoindre sa belle-famille en Bretagne où plusieurs Francart sont établis depuis l’Empire. Il serait donc arrivé à Brest dès la fin 1846 ou le début 1847 mais  peut-être Adolphe est-il parti dans un premier temps seul en Bretagne car Elisabeth est enceinte et accouche à Paris le 7 janvier 1847 d’une fillette, Adolphine Antonine Gabrielle. C’est la seule naissance Disdéri qui apparaît dans l’état civil reconstitué de Paris après 1843, son père était donc encore sur Paris au printemps 1846. Rien en 1848 ni ensuite. Selon l’Etat civil reconstitué nous relevons un Marie Gabriel décédé(e)) le 26 octobre 1845 peu de jours après une dénommée Victorine.

Selon les Auer, Disdéri part à Brest avec sa famille dès 1848 où il se serait fait engager comme comptable chez les grenadiers [?]. Une autre hypothèse est que Disdéri aurait visé un emploi dans une usine d’engrais sans que cela se concrétise. La courte biographie dans les actes notariés évoque un projet de poste dans une entreprise bretonne d’engrais. La franc-maçonnerie tout comme le milieu républicain duquel s’est rapproché Prosper Francart est sollicitée pour trouver un emploi à Disdéri.

Prosper Francart aurait-il fréquenté le bouillonnant Disdéri dans son parcours politique à Paris ou bien Elisabeth souhaitait-elle se rapprocher de ce frère aîné ? Elle y sera rejointe par plusieurs membres de sa famille et tout d’abord par leur mère Josèphe Ternois qui est également du voyage.

 

Élisabeth et son époux ont eu d’autres enfants nés à Brest.

 

Le 13 mars 1848 une petite fille nait à Brest, Marie Colette (du nom d’une sœur de son père) Léonie et son oncle maternel Prosper Francart ingénieur civil de trente-quatre ans, signe l’acte. Elle mourra en 1855 à l’âge de sept ans.

Selon J. Foucher, Disdéri est absent de Brest pendant plusieurs mois fin 1849 et il ne revient auprès de son épouse et sa famille que début 1850. En a-t-il profité pour perfectionner sa technique ?

Une autre fillette, Clémentine Pauline Élisa naît le 10 avril 1850 mais elle ne vit que quatre mois[2]. Son acte de naissance donne cependant l’activité exercée à cette date par Disdéri : il est peintre. La famille réside encore au 43 rue St Yves. Selon J. Foucher, Disdéri est absent de Brest pendant plusieurs mois fin 1849 et il ne revient auprès de son épouse et sa famille que début 1850. En a-t-il profité pour perfectionner sa technique ?

En 1851, suivant le recensement[3], le couple Disdéri demeure à Brest, 42 rue du Château avec une fillette de 4 ans, Gabrielle, et la mère d’Elisabeth, Josèphe Francart (59 ans) ainsi qu’une domestique, Augustine Cosmao. Ils sont voisins du peintre ami de Souvestre, Prosper St Germain qui de plus est le collègue d’Eugène Collet-Corbinière, enseignant comme lui sur le navire-école Le Borda.

Quelques mois après le décès de la petite Gabrielle le 10 juin , c’est un petit garçon qui arrive au sein du foyer, le 14 octobre 1851, Jules Marie Eugène. Les deux témoins qui viennent le déclarer sont: Joseph Diosse, artiste-peintre de 30 ans et Eugène René Collet-Corbinière, professeur à bord du Borda. Son père est-il absent pour cet évènement?

Les Disdéri auraient eu donc eu six enfants mais seul le garçon est parvenu à l’âge adulte. Trois enfants reposent au cimetière St Martin de Brest aux côtés de leur grand-mère maternelle dans la tombe Francart: Joséphine, 3 mois; Elisa, 4 mois et Marie, 7 ans. pas de Gabrielle!

Selon Jean Foucher, c’est en 1848 que les Disdéri-Francart auraient ouvert un atelier de photographie à Brest. L’annuaire de Brest de 1850 (site BNF Gallica) ne mentionne aucun photographe à cette date, mais cela est compréhensible car cette nouvelle activité professionnelle n’existe pas encore en tant que telle. Ceux qui la pratiquent sont dénommés «Peintres au daguerréotype» et c’est bien en tant que peintre que Disdéri est qualifié sur l’acte de naissance de sa fille.

Selon le catalogue de l’exposition «Aux premiers temps des photographes, Roanne, 1840-1940 » qui s’est tenue à Roanne en 2008, le nombre de peintres-photographes vivant de cette activité passe de 492 en 1841 à 1013 en 1851 avec l’installation de nombreux ateliers en province. En 1856, ils sont 1440 et leur nombre fait plus que doubler en dix ans pour atteindre 4218 en 1866.

L’activité principale des photographes est le portrait, par contre, en ces débuts de la photographie, les vues d’extérieur sont relativement rares du fait de la lourdeur et de l’encombrement du matériel ainsi que de la durée importante du temps de pose nécessaire. C’est pourtant par des clichés d’extérieur illustrant la Bretagne et acquis par le collectionneur américain Georges Cromer qu’Elizabeth Francart-Disdéri s’est fait connaître dont entre autres :

         – Ruines de l’abbaye de la Pointe St Mathieu à côté de Brest

Cette photographie datée environ de 1856 est signée à l’encre Me Disdéri et en technique albumen print tout comme la suivante.

–  Groupe dans le cimetière de Plougastel-Daoulas.

La date est identique 1856 et la technique à l’albumine ou collodion aussi mais elle n’est pas signée.

Ces clichés, selon la spécialiste américaine, sont remarquables par leur qualité technique mais également leurs qualités artistiques de composition et de mise en scène des personnages.

Nous ferons pour première hypothèse qu’elle a appris cette technique en même temps que son compagnon alors qu’ils vivaient à Paris et qu’elle a tout à fait maîtrisé la prise de vues. Mais une autre hypothèse pourrait être que venus à Brest, A. Disdéri et son épouse auraient trouvé dans cette ville des amateurs déjà formés à la pratique photographique qui les auraient initiés. L’artiste peintre Prosper Saint-Germain et son collègue Mayer peuvent également avoir apporté leurs conseils pour la construction et l’équilibre du tableau que constitue chaque photographie si l’on fait l’hypothèse qu’Elisabeth Disdéri était sans formation artistique antérieure.

Les années 1850-1852,  voient les débuts de la photographie sur négatif papier.

En 1851, Disdéri s’associe avec Joseph Diosse[5], peintre spécialisé dans les décors de théâtre et ancien associé de Charles Caïus Rénoux pour l’exploitation d’un diorama à Londres, établissement qui ferme en mai 1851 et ils vont monter à Brest un diorama de 110m de long. Ils présentent dans leur atelier deux spectacles peints par Diosse. Ce projet ambitieux ne tient pas plus de six mois et s’avère un gouffre financier. Les toiles peintes sont ensuite envoyées sur Nantes.

Le cliché conservé à la BnF du couple A.R. et Célestine Viot juste deux mois après leur mariage et envoyé début janvier 1851 par les jeunes mariés à leur famille est d’excellente qualité et montre que les Disdéri étaient tout à fait performants dès la fin 1850.
Le peintre Prosper Saint Germain ami de l’écrivain d’Emile Souvestre de Morlaix est nommé en 1851 au poste de professeur de dessin de l’école de la Marine en remplacement de Romagnesi. Saint-Germain est à la fois très en lien avec la Bretagne où il a passé son enfance et avec le milieu artistique de la capitale car il a fréquenté l’atelier parisien de son cousin germain le peintre Alexandre Colin et participé avec lui et ses amis artistes à l’explosion de la photographie. Saint Germain revenait régulièrement à Morlaix. Les amis des morlaisiens mettent en évidence la place des ingénieurs de la mine de plomb argentifère de Poullaouen dans les débuts de la photographie. (voir article sur Auguste Chrétien Juncker blog émile souvestre )

Par ces réseaux familiaux, amicaux et professionnels les morlaisiens et les brestois étaient donc assurément au courant des avancées de la technique photographique. Saint Germain collabore dès sa parution en mars 1843 au journal  l’Illustration de Paulin, Charton et Dubochet et le 26 août 1843 paraît dans le numéro 26  la première gravure exécutée d’après un daguerréotype.

Le peintre Auguste Mayer est nommé enseignant sur le Borda en 1850 à l’âge de quarante-cinq ans. Il est originaire de Brest où son père Antoine était lieutenant en 1er du 1er régiment du corps impérial d’artillerie de marine. Il est également en lien avec les artistes de l’époque et le milieu parisien.

L’optique est très importante en photographie mais également pour les instruments de marine et à l’époque les opticiens qui officient à Brest sont les Hubé ainsi que Charles Colombi dont le nom tout comme celui de Disdéri trahit les origines méditerranéennes. Quel fut leur rôle dans la formation du couple Disdéri ?

Pour certains biographes, ce sont ces problèmes financiers qui auraient été cause du départ de Disdéri mais pour d’autres ce seraient ses prises de position politiques pourtant Disdéri selon les rapports de police n’est pas perçu comme dangereux car plus dans l’agitation verbale que dans l’action. Cependant l’éclatement de la cellule familiale n’est peut-être pas le fait de Disdéri car la présence d’un troisième personnage, Eugène Collet-Corbinière donne à penser qu’Elizabeth a sa part dans la séparation. Veuf depuis 1841 et père d’un fils prénommé Georges , Collet-Corbinière enseigne les sciences sur le vaisseau « Le Borda ». Il est aussi un passionné de photographie et il est inscrit à la Société Française de Photographie de 1859 à 1885. Il a peut-être représenté pour Elizabeth une stabilité que son époux toujours partant pour de nouvelles entreprises plus ou moins hasardeuses ne pouvait lui offrir mais tous deux ne laisseront pas tomber financièrement Disdéri. Ce dernier est très soucieux de sa personne et a multiplié les autoportraits et nous pouvons constater qu’il a longtemps gardé son alliance.

L’automne 1852 correspond au voyage en Bretagne du photographe Auguste Mestral spécialiste du daguerréotype pour la mission héliographique.

Disdéri s’installe à Nîmes où il reste un peu plus d’une année, accueilli entre autres par Paul Hubert Colin, cousin germain de Prosper St Germain. Paul-Hubert Colin, sculpteur né en 1801 a débuté sa formation dans l’atelier du sculpteur ornemaniste Joseph Bosio et fréquentait le milieu des artistes dans la mouvance des frères Dévéria qui pratiquent aussi ce nouvel art qu’est la photographie. Colin est l’époux de Victoire Romagnesi, nièce de Romagnési qui est enseignant sur le Borda jusqu’à sa cessation d’activité et son remplacement par Prosper Saint-Germain.  Disdéri retrouve aussi dans le Sud l’abbé d’Alzon qui avait vécu à Paris avant de gagner Nîmes. Disdéri réalisera des photographies des arènes mais aussi de l’école d’Alzon.

Au vu du caractère flambeur et instable de Disdéri et face à l’incapacité de son époux de se fixer durablement dans un travail doublée de piètres qualités de gestionnaire ayant entrainé sa famille dans des problèmes financiers, Elizabeth a pris ses distances d’autant plus qu’elle a trouvé un appui en la personne d’Eugène Collet-Corbinière, mais le divorce est impossible depuis 1816.

voir aussi la place de l’abbé Moigno, un breton et la photographie.

Suivant M. et M. AUER, Disdéri aurait gagné Nîmes pour y étudier le nouveau procédé photographique au collodion humide. Le procédé au collodion ou albumine a été mis au point par Archer et Fry et été utilisé entre 1850 et 1855.

En mars 1853, Colette la jeune sœur de Disdéri âgée de 20 ans donne naissance à un fils. Célibataire elle élève seule le petit Gaston André qui sera reconnu en 1860 lors du mariage de sa mère.

Puis, début janvier 1854, A. Disdéri regagne la capitale et va s’y faire un nom. Son séjour dans le Sud aura donc été très bref, à peine un peu plus d’un an.

Disdéri est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés à la technique photographique, Manuel opératoire de photographie (1853) puis Renseignements photographiques indispensables à tous (1855). Enfin en 1862, l’Art de la photographie est la somme et l’aboutissement de ses travaux antérieurs. Ses ouvrages paraissent sous le simple nom Disdéri et le premier mentionne deux établissements, à Paris et à Brest.

En 1854, Disdéri lance la  photographie « carte de visite » qui va participer à l’essor de cette nouvelle pratique, perçue rapidement comme une menace pour les « Beaux-Arts »par sa capacité de reproduction aisément accessible à un grand nombre et il va devenir un des photographes les plus en vue sur la place parisienne. Installé 8 Bd des Italiens, il donne aussi des cours de photo. En 1855, il est le photographe officiel de l’exposition universelle de Paris et en 1856 il crée une nouvelle société pour l’exploitation des photographies, le « Palais de l’industrie » avec pour caution un notaire de Lunéville, Charles François joseph Félicien Pariset (1807-1886). Ceci nous ramène à l’influence de la famille Francart dans les relations de Disdéri.

Elizabeth Francart-Disdéri est restée active quelques années de plus à Brest

mais lors du recensement de 1856, elle n’habite plus au 46 rue du Château, ayant  transféré son atelier 65 rue de Siam[6]. Il serait intéressant de connaître le procédé photographique utilisé par Elisabeth Francart-Disdéri afin de comprendre les liens possibles qu’elle garda avec son époux. Adolphe Disdéri partagea t’il avec elle ses nouvelles connaissances en matière de photographie ?

Un concurrent et voisin brestois ou une concurrente ?

La photographie connait un formidable engouement à Brest comme en France et les studios se multiplient. 65 Rue de Siam madame Disdéri a pour voisin un autre photographe, Pierre Pénau qui a installé son atelier dans le commerce de vente de musique, partitions et instruments de son épouse Marie Vallée au 67 de la même rue.  Le couple s’est marié le 12 avril 1847 à St Brieuc -22- et leurs deux premiers enfants sont nés dans cette ville. Les Pénau sont arrivés à Brest un peu après les Disdéri à l’automne 1852, venant de Saint-Brieuc où Pénau était musicien au 4ème régiment de ligne puis maître de musique ayant sans doute quitté l’armée. Ils ont des enfants du même âge que ceux d’Elisabeth.

Mais ne serait-ce pas madame Pénau qui officie dans le studio? 

En effet sur le site de François Boisjoly nous avons trouvé une photocarte portant au revers la mention de l’activité de photographe de madame Marie Pénau née Vallée et donc les deux femmes pratiquent cet art. Madame Pénau aurait pratiqué uniquement la photographie de portrait en studio à la différence de madame Disdéri qui se rendait en extérieur malgré les contraintes, ce pour quoi elle est reconnue aujourd’hui au nombre des pionnières.

Les deux boutiques sont dans deux maisons relativement petites et pour la lumière les ateliers se trouvaient sans doute à l’étage.

Au nombre des peintres qui retouchent les photographies, Emmanuel Hénot en 1858 assiste Pierre Pénau dans son travail de photographe.  Il est sans doute celui qui part avec ce dernier en Charente Maritime  car tout comme le couple Disdéri, les Pénau vont se séparer et son épouse tentera de conserver le studio à Brest.

Quels peuvent être les liens entre les deux familles : Concurrence acharnée ? Le document suivant laisse à entendre que leurs rapports n’étaient rien moins que simples. En 1856 Pierre Pénau prend un brevet d’invention[1] pour une durée de quinze ans pour agrandir de petites photographies au daguerréotype mais quelques temps après madame Disdéri s’estimant flouée porte l’affaire devant la justice.

PENAU (22.05.1858) – Au sujet d’un brevet d’agrandissement contesté par Mme Disdéri, lettre accompagnée de l’extrait des minutes du greffe du tribunal civil de Brest. [2]

PENAU (26.1 0.1857) – Commande d’un traité de chimie photographique de Davanne, lettre timbrée portant le cachet ”Au Cor d’Harmonie”.[3]

[1] Catalogue des brevets d’invention 1856, n°28375 : brevet de 15 ans pris le 3 juin par Pénau  photographe à Brest. Il semble que le brevet est pris au nom de Pierre sans mention de madame.

[2] http://www.sfp.asso.fr/collection/images/pdf_manu/FRSFP_IR_manuscrits_P.pdf

[3] Idem.

L’inscription de Pierre Penau à la SFP est actée à la séance du 18 octobre 1855. Par contre nous n’avons pas trouvé trace d’une inscription de son épouse ni de madame Disdéri.

 

  • Nous émettons de grandes réserves sur la citation de monsieur Berthelom dans son ouvrage sur la photographie en Bretagne comme quoi Pierre Penau serait le premier photographe actif à Brest  ou en Bretagne car à l’époque de 1840 Pénau vit encore à Saint-Brieuc où il se marie et il ne semble avoir ouvert son atelier brestois qu’après les Disdéri.
  • De plus « sa signature » sur la plaque est différente des actes d’Etat-civil le concernant.
  • Un troisième indice est le costume des personnages féminins qui ne correspond pas à la mode vers 1840, une évolution notoire se produisant après 1848
  • et donc la datation de 1840 comme celle de la plus ancienne photographie produite en Bretagne est, selon nous, hautement improbable. 

L’ouvrage collectif Reflets de Bretagne sur les collections photographiques du musée de Bretagne reprend les mêmes dates alors que plusieurs indices comme le costume de la femme portraiturée questionnent cette assertion.

 

Brest et ses environs, en collaboration avec les peintres A. Mayer et P. St Germain

En 1856, Elisabeth a rassemblé plusieurs vues de la pointe de la Bretagne dans un ouvrage intitulé Brest et ses environs. Cet album est réalisé en association avec les professeurs de dessin de l’Ecole de la Marine, Auguste Mayer et Prosper Saint-Germain, ces derniers pour les vues lithographiées et Elisabeth comme photographe. Mayer, à l’époque réside avec sa sœur célibataire place du Château au n° 29.

http://collections.eastman.org/people/17319/genevieveelisabeth-disderi  :

Sur ce site vous pouvez consulter les vues photographiées de madame Disdéri pour l’album Brest et ses environs. Eastman Kodak Company, ex-collection Gabriel Cromer. 

Corinne Jeanneau et Gérard Berthelom présentent dans leur livre sur les photographes au XIXe siècle, une vue du port de Brest par « Mme Disdéri photographe » datée précisément du 15 septembre 1856 et fixant par l’image des bâtiments aujourd’hui disparus et issue de la collection Cromer.

Plusieurs vues du port de Brest signent les liens étroits qu’elle entretient avec le milieu maritime et son intérêt pour le monde du travail.

Les autres sites sont celui du Folgoët ou selon le site « Falgouhet » ou encore « Folgouhet » pour de nombreuses vues ainsi que Plougastel ou l’abbaye de la pointe Saint Mathieu.

Autre site présentant des vues issues de la collection  Eastman : http://www.luminous-lint.com/__phv_app.php?/p/Genevieve-Elisabeth__Disderi/

 

Liens avec Adolphe Disdéri

Les liens entre Disdéri, son épouse Elisabeth et Collet-Corbinière son nouveau compagnon restent serrés,  au moins pour les questions financières et après la mise en faillite de l’atelier en 1856,  ils lui viennent en soutien.

 

inquiétude des actionnaires]

Les écritures étaient mal tenues, la société était depuis longtemps l’objet de poursuites judiciaires, une confusion déplorable régnait entre les deux opérations du boulevard et du Palais de l’Industrie ; cette dernière affaire était même administrée sous la raison « Disdéri et Cie », ce qui ajoutait à la confusion. Enfin, les actionnaires crurent reconnaître que les prétendus bénéfices n’étaient qu’illusoires et que, réellement, il y avait perte sans que la cause fut appréciable. Ils auraient, assurent-ils, refusé d’émettre des obligations. Le Sieur Disdéri a prétendu le contraire, toujours est-il qu’il fit confectionné les obligations et que sur le certificat délivré par lui, d’une délibération qui l’aurait autorisé à faire l’émission, les titres d’obligation furent présentés au timbre, timbré conformément à la loi.

[…Ils portent plainte]

Faillite du 7 janvier 1856 de « Disdéri et cie », société commanditée par actions, 8 bd des Italiens[1]

En 1857, ils fondent tous les trois une société avec le peintre François Désiré Lebel (1809-1874) d’Amiens mais en 1862 la société est dissoute[2]. Disdéri et Lebel sont associés gérants et Elisabeth Disdéri et Eugène Collet-Corbinière sont associés commanditaires et « outre leurs parts indivises dans l’établissement, ils apportent aussi douze mille francs comptant ». En raison des antécédents de Disdéri qui avait passé quinze jours à la prison de Sainte Pélagie pour écritures frauduleuses, les deux premiers associés  «ne pourront errer aucun billet ni accepter aucune lettre de change ou autre effet de commerce au nom ou pour le compte de la société; de semblables engagements seront nuls à l’égard de ladite société ». 

Bail pour douze ans et six mois par Pierre Étienne Auguste Chocat dit Hamilton, physicien mécanicien, demeurant 8, boulevard des Italiens, à Eugène André Adolphe Disdéri, photographe, demeurant 3, rue Le Peletier, et François Désiré Lebel, artiste peintre, demeurant à Amiens (Somme), de deux appartements, d’une terrasse et divers lieux, de meubles, matériels pour la photographie et clichés, dépendant d’un immeuble situé 8, boulevard des Italiens, appartenant à Charles Louis Terray de Morel Vindé. Loyer annuel 14 000 francs, payable par trimestre. 18 septembre 1857

vendredi 2 octobre 1857, 32e année, n° 9519, Cabinet de M. PERNET-VALLIER, expert teneur de livres, rue de Trévise, 29. Par acte sou3 seing privé, fait quadruple à Paris le vingt et un et avril et enregistré le vingt-sept septembre mil huit cent cinquante-sept, entre :

1- André-Adolphe DISDÉRI, photographe, demeurant à Paris, rue Lepeletier, 3 ;

2» François-Désiré LEBEL, artiste peintre, demeurant à Amiens :

3» Geneviève-Elisabeth FRANCART, épouse autorisée de M. DISDÉRI ;

4″ Eugène-Réné COLLET-CORBIN1ÈRE ; Ces deux derniers demeurant à Brest,

Il a été formé une société en nom collectif à l’égard des deux premiers et en commandite à l’égard des deux derniers, pour l’exploitation d’une photographie, sise à Paris, boulevard des Italiens, 8, siège social indivis entre tous les susnommés, sous la raison « DISDERI et Cie ». Elle commencera le vingt-et-un septembre mil huit cent cinquante-sept, et finira le premier avril mil huit cent soixante-dix. Elle sera administrée par les deux associés-gérants, qui auront la signature sociale ; mais il est expressément convenu qu’ils ne pourront errer aucun billet ni accepter aucune lettre de change ou autre effet de commerce au nom ou pour le compte de la société; de semblables engagements seront nuls à l’égard de ladite société. A toute époque de la société, il sera loisible aux associés commanditaires de devenir associés en nom collectif; et M Collet-Corbinière, M. Lebel ou madame Disdéri (et cela après l’expiration de la deuxième année) pourront se retirer de la société, qui continuera avec les associés restants. MM. Disdéri et Lebel apportent le bénéfice du bail où s’exploite le fonds, leurs parts indivises  dans ce dit fonds, leurs connaissances spéciales, et M. Lebel seul une somme de douze mille francs comptant. Les commanditaires, outre leurs parts indivises dans l’établissement, apportent aussi douze mille francs comptant. Pour extrait : PERNET-VALLIER. (7792)

La société créée en 1857 qui devait durer jusqu’au premier avril 1870 est prématurément dissoute en 1862 après cinq ans d’existence.

Le 16 mars 1862. Dissolution de la société Disdéri et Cie créée par acte sous seing privé les 21 et 27 septembre 1857 entre André Eugène Adolphe Disdéri, photographe, demeurant 6, boulevard des Italiens, Geneviève Élisabeth Francart, son épouse, photographe, demeurant rue de Siam à Brest et Eugène René Collet-Corbinière, propriétaire, demeurant aussi à Brest.

 

[1] D11U3/212 dossier n°12926, Faillite du 7 janvier 1856 de Disdéri et cie

[2] 1862, 28 avril Dépôt des pièces de publication. 1863, 10 mars Dépôt des pièces de ratifications par François Désiré Lebel, artiste peintre, demeurant à Amiens (Somme).

Origine de l’information :

De l’image fixe à l’image animée (1820-1910), documents du Minutier central des notaires de Paris relatifs à l’histoire des photographes et de la photographie, par Marc Durand, Paris, Archives nationales, 2013 (sous presse), notice n° 1566 (version dématérialisée de l’instrument de recherche, les notices biographiques et compléments de descriptions d’actes ne se trouvent que sur la version papier de l’ouvrage, voir contexte dans le Plan d’orientation général – Notaires de Paris, guides thématiques du Minutier).

Le 19 septembre 1857, Disdéri signe une autorisation pour son épouse d’exercer en son nom propre comme photographe. (RE/XXX/27).

 

En 1857, le 2 juillet, le jeune frère d’Elisabeth, Paul Léon Francart, décède à Brest où il demeurait alors, rue Traverse au N°53 et exerçait la profession « d’entrepreneur » et était célibataire. Son acte de décès est signé par leur ami Eugène René Collet-Corbinière qui était présent en 1851 pour la naissance du petit Jules Disdéri. Veuf depuis 1841, Collet-Corbinière enseigne les sciences sur le vaisseau « Le Borda ». Il est aussi un passionné de photographie et est inscrit à la Société Française de Photographie de 1859 à 1885.

 

Son frère aîné, Adolphe Francart, installé à Constantine en Algérie, décède lui aussi le 24 janvier 1858, un an après s’être marié.

En 1860, Colette la petite sœur de Disdéri se marie en présence de son frère et de leur mère qui est toujours en vie. Colette Disdéri tient une fabrique de papier pour la photographie et accessoires divers installée au 40 rue des Petites-écuries.

 

En même temps qu’il ouvre à Saint-Cloud un studio réservé à la photographie équestre, Disdéri fait en 1861 l’acquisition à Rueil-Malmaison d’une splendide villa de style palladien qu’il décore de médaillons représentant les fondateurs de la photographie selon lui, mais il a sans doute payé cher cette acquisition et ne peut la conserver. Il  installe également des écuries pouvant accueillir plusieurs chevaux et il conduit lui-même ses attelages.

Les brestois viennent une fois de plus à son secours et rachètent la maison.

Quittance par François Jacobs, propriétaire, demeurant à Rueil-Malmaison à André Eugène Adolphe Disdéri, photographe, demeurant 6, boulevard des Italiens et Eugène René Collet-Corbinière, professeur à l’école navale de Brest, demeurant place du Château à Brest représenté par son fils, Georges Collet-Corbinière, clerc de notaire, demeurant 2, rue de la Monnaie, pour une somme de 12 000 francs. 20 août 1862

 

En fait Eugène Collet-Corbinière rachète la maison à « monsieur et madame Disdéri ». A son tour il ne peut la garder et c’est encore le réseau brestois qui fonctionne. Peu de temps après, en 1866, la maison est vendue aux enchères à deux banquiers de la ville de Brest, Edmond et Henri Lemonnier pour la somme de  8.500 francs. A leur tour ils s’en séparent pour la somme de 9.000 francs en 1870.

Les années qui suivent le soutien de Collet- Corbinière et de son fils ne se dément pas mais le nom d’Elisabeth n’apparaît pas.

En février 1865, création d’une société en nom collectif désignée sous la raison sociale, « Collet- Corbinière et Cie » et en commandite ayant pour objet l’exploitation d’un fonds de photographie connu sous le nom de « Photographie Disdéri », société, dont sont actionnaires :

  • Eugène René Collet-Corbinière, propriétaire, demeurant, 21, rue des Moulins,
  • Georges Collet-Corbinière fils, licencié en droit, demeurant, 9, rue Royer-Collard,
  • François Désiré Lebel, artiste peintre, demeurant à Bury près d’Amiens,
  • Émile Lion, négociant, demeurant 46, rue de la Victoire  (A MM. les Président et juges du Tribunal de première instance d’Oran. Mémoire pour M. Emile Lion, propriétaire, ancien négociant à Oran, contre Jules-Mathieu-Maurice Blondeau [de Combas], concessionnaire des salines d’Arsew [sic] (Algérie) , en faillite. impr. G. Kugelmann, 1863 – 31 pages).
  • Théodore Degrave journaliste, demeurant 6, rue Nitot,qui a été rédacteur principal du Petit Figaro, a rédigé pendant près d’un an les Echos du Gaulois, sous le pseudonyme du Domino.

 

Cette société est établie pour une durée de 5 ans, au capital de 409 898,80 francs, siège social situé 8, boulevard des Italiens. Quelques mois plus tard la société rachète le bail des locaux.

  • Procuration 10 mars 1866 par André Eugène Adolphe Disdéri, photographe, demeurant 8, boulevard des Italiens, à Charles François Camille Léonard, négociant, demeurant 31, rue Taitbout, pour gérer et administrer tous ses biens et affaires. 

 

En mars 1866 Adolphe Disdéri remet donc entre les mains d’un négociant l’entière gestion de ses biens et affaires car il a un nouveau projet, ouvrir une succursale à Londres. C’est aussi à ce moment que Prosper Numa Blanc reprend sa suite comme photographe à l’Opéra.

 

 Mme Disdéri en Bretagne 

Élisabeth aurait selon certains gardé l’atelier de Brest jusqu’en 1858 puis à son tour regagné la capitale. En fait elle y demeure jusqu’en 1872.

Mme Disdéri est présente pour la venue de l’Empereur et l’Impératrice à Brest Elle est présente lors du passage à Brest du couple impérial les 9, 10, 11 août 1858[8]. Outre, Baldus, le photographe officiel, c’est une soixantaine de photographes qui sont présents sur le site pour couvrir l’évènement. Un article sur Gustave Le Gray fait référence à Mme Disdéri: «Sa moisson (G.Le Gray) est bien supérieure à tous points de vue à celles de Baldus et des nombreux autres photographes présents (on parle de soixante), comme Furne et Tournier ou Mme Disdéri ».

Selon Foucher, Elisabeth achète pour la somme de 7000 f or le 23 juillet 1860,  un terrain situé à Kerangoff en Plouzané à Joseph-Dalila Corric ingénieur voyer. Sur ce terrain elle fait construire « une folie » qu’elle entoure de jardins aménagés. Cela occasionne des frais importants et des emprunts auprès de madame Le Bozec née de Kerandraon de Lesneven. Ne pouvant faire face aux remboursements, le 18 juillet 1868, à la demande de la créancière, les biens sont vendus par autorité de justice. Jean Foucher prête à Elisabeth Francart Disdéri des goûts dispendieux comme ceux de son époux. Il est possible que cela soit juste mais il est certain  qu’elle a perdu de l’argent dans le soutien financier qu’elle apporte à Disdéri. En effet les liens d’argent au sein du trio sont très présents. Le couple Disdéri était marié sous le régime de la séparation de biens et cela est confirmé par un jugement en date de juillet 1845. Les minutes notariales comportent un grand nombre de contrats prouvant que madame Disdéri et Eugène Collet-Corbinière viennent de multiples fois soutenir financièrement Disdéri dans ses diverses entreprises.

Disdéri son « ex »-époux, après avoir connu le succès, a vu son aura décliner à partir des années 1860. Il a tenté d’ouvrir des ateliers à l’étranger mais, de caractère flambeur, il dilapide ses gains et perd sa place dans les sommets de l’art photographique. En 1866 Disdéri n’est plus au faîte de sa gloire et il envisage pour se renflouer de créer un atelier à Londres. Ce sera encore une entreprise vouée à l’échec. En 1875 il a vendu son fonds de photographie et est parti quelques temps en Espagne.

En juin 1862, la mère d’ Élisabeth, Mme. Francart, décède[9] au 65 de la rue de Siam et est encore signataire de l’acte, Eugène Collet-Corbinière, le fidèle. A son tour il perd sa mère l’année suivante en 1863.

Suivant les dates de clichés retrouvés, madame Disdéri est active à Brest en 1864. Elle y poursuit une activité de photographe de portraits de notables de la région ou d’anonymes

L’arrivée du chemin de fer à Brest le 26 avril 1865 et un voyage qui durait seulement dix-huit heures au lieu de quatre jours en voiture à cheval a pu favoriser une reprise de contact entre le père et Jules devenu adolescent. Cela permet également à Elizabeth de se rendre plus aisément dans la capitale et son fils ayant atteint l’âge adulte, elle pense peut-être à quitter la Bretagne et s’installer à Paris d’autant plus que le nombre de photographes a considérablement augmenté à Brest comme dans toute la France.

Le nombre de photographes s’étant considérablement accru à Brest comme sur le reste du territoire français, Elisabeth Disdéri tente de garder sa place sur le marché mais la concurrence est rude.  En 1865 Elisabeth fait mention de la renommée de son mari pour la publicité de son studio brestois : la « maison Disdéri et Cie photographe de sa majesté l’Empereur de LL. MM. Le prince et la princesse Napoléon, de SAI, la Grande duchesse de Russie ». Elle fait insérer dans l’Annuaire de Brest de  1865, un encart vantant l’ancienneté de sa pratique et les perfectionnements qu’elle y a apportés mais cela ne suffit pas à lui redonner un train de vie suffisant par rapport aux dépenses engagées lors de sa période de prospérité.

  • Madame Disdéri initiée des premières dans toutes les découvertes et dans tous les perfectionnements d’un art qui grâce à elle occupe le premier rang en notre ville est en mesure d’offrir tout ce qui concerne la photographieAnnuaire de Brest de  1865

La pratique de la photographie évolue tout comme les attentes du public et entre 1864 et 1867 les portraits-cartes d’un format plus grand que les cartes-de-visite s’imposent.

ill 7 Femme bretonne et ses enfants Gallica par Disderi sans doute Elizabeth

 

 

Collet Corbinière semble avoir disparu de sa vie après 1868. Il possède un logement à Paris 54 rue des Feuillantines mais n’y est pas présent lors du mariage de son fils Georges.

Les successeurs brestois d’Elisabeth Disdéri-Francart

Élizabeth Francart-Disdéri retourne sur la capitale entre 1868 et 1872 après avoir passé une vingtaine d’années à Brest.  et revendu son studio à Edmond Tufferau antérieurement photographe à Paris au 48 rue Vivienne qui à son tour le cède vers 1880 à François-Victor Pinçon qui mentionne au dos des photographies successeur de « l’ancienne maison Disdéri », « François Victor Pinçon, photographe de la Marine, 65 rue de Siam »..

 

 

PARIS 1872-1878

D’après le Bottin du commerce de Paris, Elisabeth Francart-Disdéri garde son activité jusqu’à sa mort en 1878.
Une photographie trouvée au cours de mes recherches sur la toile pourrait dater de la période parisienne de l’activité d’Elisabeth à la fois par le sujet, une danseuse ou actrice en costume de scène et par le libellé « Mme Disdéri phot » alors que la mention sur les cartes de visite brestoises donne « photographie de madame Disdéri » et comporte l’adresse de son atelier.

A Paris Elizabeth ouvre un studio au 146 rue du Bac

 Son fils Jules qui a maintenant vingt-ans est à ses côtés. D’après l’almanach du commerce de Bottin, elle garde son activité jusqu’à son décès en 1878. Jules s’est lui aussi essayé à la photographie et il est confusant de voir les prénoms « Adolphe » et « Eugène » utilisés indifféremment alors que le prénom usuel du fils s’avère être « Jules ». Le père et le fils auraient-ils exercé de concert au 6 bd des Italiens? Rien ne nous est dit des liens père/fils dans les biographies de Disdéri ni s’il se revoyaient pendant la jeunesse de Jules. Ce dernier se marie[1] le 22 septembre 1877 avec une jeune femme de trente ans, Isabelle Auray[2] institutrice et veuve d’un anglais, Paul Edouard Thornley-Thistlewood, employé demeurant rue du Faubourg St Antoine, n°184 lors de son décès. Jules Disdéri est déclaré sur l’acte de mariage comme « employé » et demeure alors rue de Clichy. Sur le registre, Elisabeth appose comme signature le simple patronyme « Francart » et sans paraphe alambiqué à l’opposé de la signature connue de son époux en titre, traduisant leurs caractères opposés.

A l’époque du mariage de son fils, Adolphe Disdéri vit à Séville en Espagne pour assister la veuve de son ancien élève et ami le photographe Enrique Godinez qui garde le studio de son époux mort en 1875. L’assistant de Godinez, Joachim Sanchez recevra l’enseignement du français et deviendra à son tour un photographe réputé en Espagne. Est-ce l’un de ces deux photographes qui détenait le portrait d’Elisabeth par Alfred Neveu dans ses collections?  Disdéri lors de ce voyage est accompagné de l’actrice Mariani (Alice Balanahi) et d’un dénommé Burjois ou Bourgeois. En 1875 une fois de plus son mari fait faillite et revend en 1878 son fonds d’atelier à Hippolyte Délié et son épouse, elle-même fille du photographe Plaut.
Qui gère le fonds pendant ces trois années où Disdéri réside en partie en Espagne ?

François Boisjoly sur son site présente un portrait de « Et. la Chapelle » dédicacé à madame Disdéri en ces termes « à madame Disdéri que je prie de vouloir bien accepter ce portrait en souvenir de l’original ». La photo représente un homme barbu assis à un bureau et entouré nombreux livres. Le fauteuil ressemble à celui utilisé par Disdéri dans son studio parisien.  L’auteur pourrait être Ernest Treillard de la Chapelle du Basty. Il vint à Paris où il devint Secrétaire Général du Cercle de L’Union Artistique (Place Vendôme) qui groupait l’élite du monde des Lettres et des Arts. Le revers de la photographie indique « Disdéri et Cie photographes de sa majesté l’Empereur 8 bd des Italiens »: cela inclurait-il madame Disderi ?

Le peintre Prosper Saint-Germain avec lequel elle avait contribué à un ouvrage sur Brest atteint d’hémiplégie est mis en congé de son poste d’enseignant de dessin à l’école de la Marine et vient vivre sa retraite à Paris où il demeure passage Vincennes N°52 dans le 2ème arrondissement. Il meurt le 25 avril 1875.

 

 

Elisabeth a poursuivi une activité de photographe à Paris par la suite mais la réussite professionnelle de son ex-époux fait qu’il n’existe quasiment pas de traces du parcours d’Élisabeth Francart-Disdéri. Sur le site de la collection George Eastman, la date extrême de sa production est 1861 mais cela n’est pas une preuve quant à son activité. Une photographie repérée sur internet indique que ses cartes-photographiques portent alors  simplement l’indication « Madame Disdéri phot » sans aucune  mention de lieu. La photographie n’est pas remarquable par ses qualités et au milieu de la foule de photographes professionnels sur la capitale, madame Disdéri eut certainement du mal à se démarquer et se constituer une clientèle pour ses talents, la pratique de cet art ayant évolué et vu l’émergence de nombreux artistes.

 

 

La question des prénoms est source de confusion. 

Pour Elisabeth, celui de Geneviève serait le prénom porté par sa mère « Joséphine Geneviève »et le sien propre serait Elisabeth plutôt que « Geneviève ». Lui est-il arrivé de signer parfois « E. Disdéri »? 

De même pour Disdéri, nous trouvons mention des trois initiales  » A.A.E. »  mais pourquoi?

Sa signature ne comporte pas d’initiale de prénom et sur l’état-civil reconstitué de Paris seuls les prénoms « André Adolphe » sont inscrits. André correspond au prénom de son père et Adolphe serait donc le prénom usuel. Par contre Eugène pourrait faire référence à un jeune frère de Disdéri mort à l’âge de trois ans qu’il aurait ensuite accolé à ses propres prénoms ? Sur l’acte de mariage de Jules les trois prénoms de son père sont indiqués « André Adolphe Eugène ». 

ill 10 Disdéri Adolphe ou Eugène signature autographe

Ils donnent à l’une de leurs filles le prénom « Adolphine » serait-ce en référence au sien ou à un frère de son épouse? Sur nombre d’actes notariés c’est « Adolphe » qui prédomine. Cependant pour leur fils le second prénom est « Eugène » comme celui de Collet-Corbinière témoin déclarant sur l’acte de naissance et peut-être « parrain »? Les biographes mettent alors tantôt un seul mais rarement le même tantôt les deux ou trois et cela crée de la confusion entre les personnes.

Et pour leur fils le prénom semble ‘Jules » mais une photographie relevée sur internet donne « Léonard Disdéri » ! Qui pourrait-être ce dénommé « Léonard »?   Un demi-frère ? mais il nous semble que la loi ne permet pas à un homme marié de reconnaître un enfant adultérin et de lui donner son nom ? ou un cousin?  A ce jour aucun indice sur ce Léonard Disdéri n’a surgi.

Eugène Disdéri caricature

 

 

Élisabeth Francart-Disdéri décède en 1878 à Paris, rue Lacépède où se trouvait l’hôpital de la Pitié au n°1. 

C’est également cette année là que la « Compagnie de Grenelle » est dissoute. L’évolution de l’urbanisme parisien et des lois ne la justifiaient plus.

Son acte de décès  en date du 16 décembre 1878, indique qu’Elisabeth est toujours l’épouse de Disdéri et qu’elle est sans profession alors même qu’elle avait un studio sur la capitale.

Elle demeure  lors de ses dernières années parisiennes rue  Balagny, au N°53.

Son compagnon brestois, Eugène Collet-Corbinière, n’apparaît pas sur l’acte de décès mais celui-ci a lieu à l’hôpital public et non au domicile d’Elisabeth. Selon J. Foucher il n’existe pas de trace de son devenir. Et pour ma part je n’ai rien trouvé non plus. Est-il reparti à Laval dans sa famille d’origine ? Il n’apparaît pas non plus comme signataire de l’acte de mariage de Jules Disdéri en septembre 1877. Sur le registre Elisabeth signe maintenant « Francart ».

 

Jules Disdéri  1851-1880

Leur fils Jules s’installe photographe mais malheureusement il ne survit pas longtemps à sa mère. Deux ans après Elisabeth, le 3 décembre 1880, Jules Disdéri meurt à son domicile du 63 rue des Cloÿs dans le 18ème arrondissement. Il est déclaré comme photographe et possédait donc son propre studio.
L’étude des monogrammes figurant sur certaines photo-cartes apporte un éclairage car ils sont peut-être révélateurs du travail personnel du fils Disdéri. Nous avons identifié au moins deux d’entre eux. Le premier sur le portrait de la demi-mondaine Mery Laurent (1849-1900) est clairement un « D » seul ou peut-être interprétable par les fioritures comme « JD » pour « Jules Disdéri » et le second s’avère être un « AD » entrelacés pouvant correspondre au nom de son épousée née « Auray ». La datation de ces portraits serait alors entre 1876 et 1880. Ce monogramme se retrouve ensuite sur certaines photos du repreneur « Delié » dont l’initiale « D » est identique. Celle « H » du prénom « Hippolyte » n’est pas identifiable et s’avère toujours être un « A ».

Les différentes biographies ne font aucunement mention des relations entre le père et le fils et Adolphe Disdéri fut-il affecté par la perte de ce fils unique ? Difficile de le savoir.
Deux ans après le décès de son épouse et peut-être juste après la mort de son fils, début décembre 1880, Adolphe quitte Paris pour ouvrir un atelier à Nice peut-on lire dans les biographies mais il s’est avant tout rapproché de sa sœur Colette qui vit dans cette ville avec son époux et Disdéri va demeurer dans la région pendant six ou sept ans. Colette Allier meurt le 25 novembre 1888 à son domicile niçois, 15, promenade des Anglais. Disdéri exerce sans doute une activité dans la succursale du peintre-photographe Numa Blanc fils située 11, promenade des anglais mais cet atelier ne lui appartient pas.

En 1883, Disderi photographie l’incendie du palais de la jetée-promenade à Nice.
Par contre les archives commerciales de la France du 25 mai 1889 font mention par jugement des 22 mars et 12 avril 1889 de la dissolution à Nice de la Société Disderi, Ruvolo et Calvi photographes, M. Talent liquidateur judiciaire.

Certains auteurs ont décrit Disdéri dans ses dernières années comme ayant des problèmes de santé et d’audition, il est alors probable qu’il usait de son nom pour soutenir de jeunes photographes à moins que ce ne fut l’inverse et que par compassion pour l’ancien maître de la photographie certains jeunes photographes l’aient abrité.
Les revers de photographies laissent à penser que Disdéri négocia peut-être son nom pour en retirer de quoi vivre mais il n’officia jamais à Biarritz ou autres villes.

N’ayant plus d’attaches dans le Sud après le décès de Colette Disdéri-Allier en 1888, le vieux photographe ne reste pas dans cette ville méditerranéenne et remonte finir ses jours à la capitale où il décède, dans l’indigence, à l’hôpital public, le 4 octobre 1889.

Le fonds Disdéri a été sauvé puis étudié par une américaine Anne Mac Cauley[11], mais je pense qu’il serait intéressant de retrouver si parmi les clichés de Disdéri, certains peuvent être attribués à cette femme un temps brestoise qui fut éclipsée par la notoriété de son conjoint alors que certains spécialistes estiment qu’elle fut une meilleure photographe que son époux.

Lorsqu’avec Eugène Collet-Corbinière elle apporte son soutien financier à Disdéri il est fait mention dans les actes du « Fonds Disdéri ». Du fait de cet apport étaient-ils propriétaires de l’oeuvre du photographe et en ce cas Elisabeth était-elle propriétaire au moins en partie du fonds et y aurait-elle joint certaines de ses productions? Pour mémoire les deux ateliers de Paris et de Brest sont mentionnés au même titre.

Eugène COLLET-CORBINIERE 

Né à Laval le 2 novembre 1815, il a un frère Henri né en 1818, conducteur des Ponts et Chaussées et une sœur Agathe Marie Joséphine (sans descendance).

Eugène épouse le 25 octobre 1836 à Laval, Alexandrine Sophie Louise TRUET, 1817-1841. Le couple a un fils Georges né en 1838 à Brest, ville où son épouse décède âgée de 24 ans le 5 juin 1841.

Eugène est professeur de sciences à l’École Navale de Brest embarqué sur le navire-école le Borda. Il a pour collègue Prosper Saint-Germain grand ami d’Emile Souvestre et de son épouse mais également il croise d’autres bretons officiers de marine dont Goulven Rousseau fils de Louis Rousseau et Emma Michaud de Keremma et un fils Allain-Launay,  tous républicains.

  • Encadrement / 1857 –
Commandant (du 27 juillet 1856) : Frédéric Marcel BARBET, Capitaine de vaisseau, Commandant.
Second : René Edmond THOMASSET, Capitaine de frégate.
Lieutenants de vaisseau : Auguste Léonard ANSART du FIESNET – Victor Jean Marie AUBRY – Adolphe Louis DUVAL – Théodore Honoré JOUBERT – Louis Victor Edouard Anne MAILLARD de LISCOURT – Edouard René MALLET – Louis Goulven Marie ROUSSEAU – Pierre Victor VÉRON.
Aide-Commissaire : ? RIOLETTE, Officier d’administration.
Chirurgien de 1ère classe : ? Le TENSEC
Chirurgien de 3ème classe : ? SOLIGNAC
Écrivain de marine : ? ARNAUD, Secrétaire du Commandant.
Aumônier de 1ère classe : Pierre Marie SILLIAU
Professeurs de 1ère classe :
Eugène René COLLET-CORBINIÈRE; Sciences.
Étienne François Auguste MAYER; Dessin.
Pierre VENY; Littérature.
Professeurs de 2ème classe :
Étienne François Eugène BOITARD; Sciences.
Edouard Paulin DUBOIS, Sciences.
Jean Baptiste Prosper SAINT-GERMAIN; Dessin.
Professeurs de 3ème classe :
Auguste De FRÈRE JOUAN du SEIN; Littérature.
Thomas Edward BALCAM, Anglais.
Professeurs de 4ème classe :
Jules Pierre MEUNIER-JOANNET; Sciences.
Paul Philippe SASIAS; Sciences.
Eugène GARNAULT; Sciences.
William-King MACLEOD, Anglais (à titre provisoire)

En 1865 Collet-Corbinière demande de faire valoir ses droits à la retraite et se consacre à l’écriture.

Eugène Collet-Corbinière est l’auteur de deux ouvrages :

  • Traité élémentaire de la machine à vapeur marine, rédigé d’après le programme officiel pour les candidats au commandement des navires du commerce, par E. Collet-Corbinière, Robiquet, 1868 – 180 pages
  • Leçons de mécanique élémentaire rédigées conformément au programme officiel à l’usage des Lycées, etc , E. COLLET CORBINIÈRE, 1869 – 216 pages

Son fils Georges fait des études de Droit et est tout d’abord clerc de notaire puis avocat spécialiste du Droit de la propriété. Il représente son père Eugène dans les tractations financières engagées pour soutenir Disdéri. Il est mentionné par Boisjoly dans son ouvrage comme photographe tantôt sous le patronyme « Collet » tantôt sous celui de « Corbinière » mais tout comme son père la photographie ne semble avoir été pour lui qu’une pratique de loisirs.

 

 

Les liens entre Disdéri, son épouse Elisabeth et Collet-Corbinière son nouveau compagnon restent serrés,  au moins pour les questions financières et après la mise en faillite de l’atelier en 1856,  ils lui viennent en soutien.

ACTES mentionnant le père ou le fils Collet-Corbinière

inquiétude des actionnaires]

  • Les écritures étaient mal tenues, la société était depuis longtemps l’objet de poursuites judiciaires, une confusion déplorable régnait entre les deux opérations du boulevard et du Palais de l’Industrie ; cette dernière affaire était même administrée sous la raison Disdéri et Cie, ce qui ajoutait à la confusion. Enfin, les actionnaires crurent reconnaître que les prétendus bénéfices n’étaient qu’illusoires et que, réellement, il y avait perte sans que la cause fut appréciable. Ils auraient, assurent-ils, refusé d’émettre des obligations. Le Sieur Disdéri a prétendu le contraire, toujours est-il qu’il fit confectionné les obligations et que sur le certificat délivré par lui, d’une délibération quoi l’aurait autorisé à faire l’émission, les titres d’obligation furent présentés au timbre, timbré conformément à la loi.

[…Ils portent plainte]

Faillite du 7 janvier 1856 de Disdéri et cie, société commanditée par actions, 8 bd des Italiens[1]

En 1857, ils fondent tous les trois une société avec le peintre François Désiré Lebel (1809-1874) d’Amiens mais en 1862 la société est dissoute[2]. Disdéri et Lebel sont associés gérants et Elisabeth Disdéri et Eugène Collet-Corbinière sont associés commanditaires et « outre leurs parts indivises dans l’établissement, ils apportent aussi douze mille francs comptant ». En raison des antécédents de Disdéri qui avait passé quinze jours à la prison de Sainte Pélagie pour écritures frauduleuses, les deux premiers associés  «ne pourront errer aucun billet ni accepter aucune lettre de change ou autre effet de commerce au nom ou pour le compte de la société; de semblables engagements seront nuls à l’égard de ladite société ».

  • Bail pour douze ans et six mois par Pierre Étienne Auguste Chocat dit Hamilton, physicien mécanicien, demeurant 8, boulevard des Italiens, à Eugène André Adolphe Disdéri, photographe, demeurant 3, rue Le Peletier, et François Désiré Lebel, artiste peintre, demeurant à Amiens (Somme), de deux appartements, d’une terrasse et divers lieux, de meubles, matériels pour la photographie et clichés, dépendant d’un immeuble situé 8, boulevard des Italiens, appartenant à Charles Louis Terray de Morel Vindé. Loyer annuel 14 000 francs, payable par trimestre. 18 septembre 1857
  • vendredi 2 octobre 1857, 32e année, n° 9519, Cabinet de M. PERNET-VALLIER, expert teneur de livres, rue de Trévise, 29. Par acte sou3 seing privé, fait quadruple à Paris le vingt et un et avril et enregistré le vingt-sept septembre mil huit cent cinquante-sept, entre :

1- André-Adolphe DISDÉRI, photographe, demeurant à Paris, rue Lepeletier, 3 ;

2» François-Désiré LEBEL, artiste peintre, demeurant à Amiens :

3» Geneviève-Elisabeth FRANCART, épouse autorisée de M. DISDÉRI ;

4″ Eugène-Réné COLLET-CORBIN1ÈRE ; Ces deux derniers demeurant à Brest,

Il a été formé une société en nom collectif à l’égard des deux premiers et en commandite à l’égard des deux derniers, pour l’exploitation d’une photographie, sise à Paris, boulevard des Italiens, 8, siège social indivis entre tous les susnommés, sous la raison DISDERI et Cie. Elle commencera le vingt-et-un septembre mil huit cent cinquante-sept, et finira le premier avril mil huit cent soixante-dix. Elle sera administrée par les deux associés-gérants, qui auront la signature sociale ; mais il est expressément convenu qu’ils ne pourront errer aucun billet ni accepter aucune lettre de change ou autre effet de commerce au nom ou pour le compte de la société; de semblables engagements seront nuls à l’égard de ladite société. A toute époque de la société, il sera loisible aux associés commanditaires de devenir associés en nom collectif; et M Collet-Corbinière, M. Lebel ou madame Disdéri (et cela après l’expiration de la deuxième année) pourront se retirer de la société, qui continuera avec les associés restants. MM. Disdéri et Lebel apportent le bénéfice du bail où s’exploite le fonds, leurs parts indivises  dans ce dit fonds, leurs connaissances spéciales, et M. Lebel seul une somme de douze mille francs comptant. Les commanditaires, outre leurs parts indivises dans l’établissement, apportent aussi douze mille francs comptant. Pour extrait : PERNET-VALLIER. (7792)

La société créée en 1857 qui devait durer jusqu’au premier avril 1870 est prématurément dissoute en 1862 après cinq ans d’existence.

Disderi Francart revers de photographie - site Boisjoly détailCe monogramme reprendrait-il les initiales « D » et « C » de madame Disdéri et Collet-Corbinière  entrelacées? Revers de photographie trouvé sur le site de François Boisjoly sur la photocarte. 

Le 16 mars 1862. Dissolution de la société Disdéri et Cie créée par acte sous seing privé les 21 et 27 septembre 1857 entre André Eugène Adolphe Disdéri, photographe, demeurant 6, boulevard des Italiens, Geneviève Élisabeth Francart, son épouse, photographe, demeurant rue de Siam à Brest et Eugène René Collet-Corbinière, propriétaire, demeurant aussi à Brest.

  • Ouverture de crédit par Gustave Édouard d’Ivernois, négociant, demeurant 8, rue Lamartine, à André Eugène Adolphe Disdéri, photographe, demeurant 6, boulevard des Italiens, pour une somme de 40 000 francs, accompagné d’un taux de 5 % l’an, payable par semestre, le tout cautionné par Eugène René Collet-Corbinière, propriétaire, demeurant à Brest.
    7 juillet 1864
  • En 1865 : Création d’une société en nom collectif et en commandite entre
    Eugène René Collet-Corbinière, propriétaire, demeurant, 21, rue des Moulins, sis à Paris = 1er arr
    Georges Collet-Corbinière fils, licencié en droit, demeurant, 9, rue Royer-Collard,
    François Désiré Lebel, artiste peintre, demeurant à Bury près d’Amiens,
    Émile Lion, négociant, demeurant 46, rue de la Victoire et
    Théodore Degrave, journaliste, demeurant 6, rue Nitot,
    ayant pour objet l’exploitation d’un fonds de photographie connu sous le nom de Photographie Disdéri, société désignée sous la raison sociale, Collet-Corbinière et Cie, établie pour une durée de 5 ans, au capital de 409 898,80 francs, siège social situé 8, boulevard des Italiens.
    11 février 1865

Le nom de madame Disdéri n’apparaît plus au nombre des commanditaires de la nouvelle société alors que Georges le fils de Collet-Corbinière y figure.

 

Cession de bail pour trois, six ou neuf ans, par André Eugène Adolphe Disdéri, photographe, demeurant 8, boulevard des Italiens, représenté par monsieur Pernet-Vallier à la société Collet-Corbinière et Cie, représentée par Georges Collet-Corbinière, licencié en droit, demeurant, 8, boulevard des Italiens, de deux appartements, d’une terrasse et divers lieux, de meubles, matériels pour la photographie et clichés, dépendant d’un immeuble situé 8, boulevard des Italiens.
11 mars 1865

Transport par Eugène René Collet-Corbinière, propriétaire, demeurant 8, boulevard des Italiens, au profit de Jules Boullier, ancien notaire, et d’André Adolphe Disdéri, photographe, demeurant 8, boulevard des Italiens, d’une somme de 4 831 francs.
18 avril 1865

 

  • En 1866 Adolphe Disdéri remet entre les mains d’un négociant l’entière gestion de ses biens et affaires.
    – Procuration par André Eugène Adolphe Disdéri, photographe, demeurant 8, boulevard des Italiens, à Charles François Camille Léonard, négociant, demeurant 31, rue Taitbout, pour gérer et administrer tout ses biens et affaires.
    10 mars 1866.

 

 

Pas de décès Collet-Corbinière dans les TD de Paris 1883/1893 tous arrondissements

 

En même temps qu’il ouvre à Saint-Cloud un studio réservé à la photographie équestre, Disdéri fait en 1861 l’acquisition à Rueil-Malmaison d’une splendide villa de style palladien qu’il décore de médaillons représentant les fondateurs de la photographie selon lui, mais il a sans doute payé cher cette acquisition et ne peut la conserver. Il  installe également des écuries pouvant accueillir plusieurs chevaux et il conduit lui-même ses attelages. Dispendieux ce train de vie le met très vite en difficultés et il ne peut assurer les remboursements. Les brestois viennent une fois de plus à son secours et rachètent la maison.

  • Quittance par François Jacobs, propriétaire, demeurant à Rueil-Malmaison à André Eugène Adolphe Disdéri, photographe, demeurant 6, boulevard des Italiens et Eugène René Collet-Corbinière, professeur à l’école navale de Brest, demeurant place du Château à Brest représenté par son fils, Georges Collet-Corbinière, clerc de notaire, demeurant 2, rue de la Monnaie, pour une somme de 12 000 francs. 20 août 1862

 

En fait Eugène Collet-Corbinière rachète la maison à « monsieur et madame Disdéri ». A son tour il ne peut la garder et c’est encore le réseau brestois qui fonctionne. Peu de temps après, en 1866, la maison est vendue aux enchères à deux banquiers de la ville de Brest, Edmond et Henri Lemonnier pour la somme de  8.500 francs. A leur tour ils s’en séparent pour la somme de 9.000 francs en 1870.

Les années qui suivent le soutien de Collet- Corbinière et de son fils ne se dément pas mais le nom d’Elisabeth n’apparaît pas.

En février 1865, création d’une société en nom collectif désignée sous la raison sociale, « Collet- Corbinière et Cie » et en commandite ayant pour objet l’exploitation d’un fonds de photographie connu sous le nom de « Photographie Disdéri », société, dont sont actionnaires :

  • Eugène René Collet-Corbinière, propriétaire, demeurant, 21, rue des Moulins,
  • Georges Collet-Corbinière fils, licencié en droit, demeurant, 9, rue Royer-Collard,
  • François Désiré Lebel, artiste peintre, demeurant à Bury près d’Amiens,
  • Émile Lion, négociant, demeurant 46, rue de la Victoire  (A MM. les Président et juges du Tribunal de première instance d’Oran. Mémoire pour M. Emile Lion, propriétaire, ancien négociant à Oran, contre Jules-Mathieu-Maurice Blondeau [de Combas], concessionnaire des salines d’Arsew [sic] (Algérie) , en faillite. impr. G. Kugelmann, 1863 – 31 pages).
  • Théodore Degrave[3], journaliste, demeurant 6, rue Nitot,

 

Cette société est établie pour une durée de 5 ans, au capital de 409 898,80 francs, siège social situé 8, boulevard des Italiens. Quelques mois plus tard la société rachète le bail des locaux. En mars 1866 Adolphe Disdéri remet entre les mains d’un négociant l’entière gestion de ses biens et affaires car il a un nouveau projet, ouvrir une succursale à Londres. C’est aussi à ce moment que Prosper Numa Blanc reprend sa suite comme photographe à l’Opéra.

 

  • Procuration par André Eugène Adolphe Disdéri, photographe, demeurant 8, boulevard des Italiens, à Charles François Camille Léonard, négociant, demeurant 31, rue Taitbout, pour gérer et administrer tous ses biens et affaires.

10 mars 1866

 

[1] D11U3/212 dossier n°12926, Faillite du 7 janvier 1856 de Disdéri et cie

[2] 1862, 28 avril Dépôt des pièces de publication. 1863, 10 mars Dépôt des pièces de ratifications par François Désiré Lebel, artiste peintre, demeurant à Amiens (Somme).

Origine de l’information : De l’image fixe à l’image animée (1820-1910), documents du Minutier central des notaires de Paris relatifs à l’histoire des photographes et de la photographie, par Marc Durand, Paris, Archives nationales, 2013 (sous presse), notice n° 1566 (version dématérialisée de l’instrument de recherche, les notices biographiques et compléments de descriptions d’actes ne se trouvent que sur la version papier de l’ouvrage, voir contexte dans le Plan d’orientation général – Notaires de Paris, guides thématiques du Minutier).

[Eugène Collet-Corbinière constitue plusieurs sociétés dont celle destinée à la gestion du fonds photographique dit « fonds Disdéri ». Il est aussi celui qui rachète la maison acheté à Jacobs à Rueil-Malmaison par Disdéri. Quand il la revend ce sont des banquiers brestois, liés au milieu républicain, les frères Edmond et Henri Lemonnier qui la rachètent.

3] M. Théodore de Grave, qui a été rédacteur principal du Petit Figaro, a rédigé pendant près d’un an les Echos du Gaulois, sous le pseudonyme du Domino.

  • Cotes
    MC/ET/XXXVI/955
    Description
    Quittance par François Jacobs, propriétaire, demeurant à Rueil-Malmaison à André Eugène Adolphe Disdéri, photographe, demeurant 6, boulevard des Italiens et Eugène René Collet-Corbinière, professeur à l’école navale de Brest, demeurant place du Château à Brest représenté par son fils, Georges Collet-Corbinière, clerc de notaire, demeurant 2, rue de la Monnaie, pour une somme de 12.000 francs.
    20 août 1862
    Origine de l’information : De l’image fixe à l’image animée (1820-1910), documents du Minutier central des notaires de Paris relatifs à l’histoire des photographes et de la photographie, par Marc Durand, Paris, Archives nationales, 2013 (sous presse), notice n° 1567

Il met donc sa fortune personnelle pour le « toujours époux légalement » de son amie Elisabeth.

Il se rend dans sa famille lavalloise dont un de ses cousins germains, Fay-Lacroix est le maire de la ville. Une photographie signée par Elisabeth Disdéri prouve qu’elle l’accompagnait dans ses visites familiales.

ill 11  Edouard Vilfeu de Laval par madame Disdéri site past-to-present.com

image tirée du site  past-to-present.com ; Edouard Vilfeu de Laval

Je n’ai pas trouvé trace de participation de Collet-Corbinière aux entreprises de Disdéri après celle de Rueil-Malmaison. Il ne semble pas avoir apporté sa caution financière à l’ouverture de l’atelier londonien ni aux suivants et donc se serait retiré de toute association avec Disdéri après 1868/1869.

Eugène Collet-Corbinière son fils pratique lui aussi la photographie et est inscrit à la Société Française de Photographie de 1859 à 1885 mais à ce jour nous ne connaissons aucun cliché de sa main.

Elisabeth Francart-Disdéri est dite demeurer sur la fin de sa vie rue Balagny or cette famille Balagny est liée à Georges Collet-Corbinière. Auguste Balagny est surnommé le « Haussman des Batignolles » et a urbanisé le quartier . Son fils Georges Balagny après des études de Droit où il a sans doute croisé la route de Georges Collet-Corbinière a changé de voie et s’est installé comme photographe. Selon l’ouvrage de Voignier, Georges Balagny exerce 11 rue Salneuve et participe à l’exposition de la SFP en 1876 où il présente des vues de Bretagne et de la forêt de Fontainebleau.

  • Bachelier es-lettres et es-sciences, docteur en droit et avocat, Georges Balagny est clerc de notaire dans l’étude de son père. Sa passion pour la photographie le pousse à se spécialiser dans le domaine de la chimie photographique. Il devient tout à la fois inventeur, photographe et fabricant de plaques et papiers photographiques. Auteur de travaux sur le collodion sec et les émulsions, il contribue fortement à l’introduction sur le marché français des papiers souples belges dont il est l’un des plus fins producteurs. Parmi ses nombreuses fonctions, Georges Balagny assure la présidence de la Société d’études photographiques française. (http://www.autochromes.culture.fr/)
  • http://sfp.e-corpus.org.sites.private.e-corpus.org/notices/164344/gallery/2452524 portrait de George Balagny

Les liens entre ces familles serait à approfondir.

Eugène Collet-Corbinière reçoit la Légion d’Honneur le 1er janvier 1859.

http://www.sfp.photographie.com/asso/asso.membresXIX/

RECHERCHES

Pour l’heure je n’ai pas trouvé

  • de portrait de  Jules Disdéri
  • de portrait d’Eugène Collet-Corbinière
  • le décès d’Eugène Collet-Corbinière (lieu, date) Pas de décès Collet-Corbinière dans les TD de Paris 1883/1893 ts arrondissements

 

 Bibliographie et sitographie

 – Jean Foucher , Les Cahiers de l’Iroise, avril 1984.

– Jean-Marie Voignier, Répertoire des photographes de France au XIXe siècle (1993).

– Marc Durand, De l’image fixe à l’image animée (1820-1910), documents du Minutier central des notaires de Paris relatifs à l’histoire des photographes et de la photographie, Paris, Archives nationales, 2013 (sous presse), notice n° 1566 (version dématérialisée de l’instrument de recherche, les notices biographiques et compléments de descriptions d’actes ne se trouvent que sur la version papier de l’ouvrage, voir contexte dans le Plan d’orientation général – Notaires de Paris, guides thématiques du Minutier).

– Michèle et Michel Auer, Encyclopédie internationale des photographes de 1839 à nos jours, éditions Caméra Obscura, Suisse, 1985.

– Gérard Berthelom, Corine Jeanneau, Photographes au XIXème siècle, Les nouveaux imagiers de la Bretagne, Coop Breizh, 2006.

Sites consultés :

– BNF département des estampes et de la photographie, Sylvie Aubenas, conservateur.

– Denis Pellerin, historien qui a effectué le dépouillement du fonds Levert-Disdéri  et dépouillé le fichier clients de 1857 à février 1865.

– International Museum of photographie and Film, Rochester, New York. Exposition sur les femmes photographes par Eth.Brayer en 1995 où il est fait mention de Geneviève Elizabeth Francart-Disdéri.

www.eastman.org  site présentant les deux photos de G.E. Francart-Disdéri de la collection Gabriel Cromer.

http://collections.eastman.org/people/17319/genevieveelisabeth-disderi

-www.luminous-lint.com   Genevieve Elisabeth Disderi: Autre site présentant des vues issues de la collection  Eastman

http://etudesphotographiques.revues.org/index347.html.

– Pages perso de jeanpaulmarchand sur les insurgés de juin 1848.

– www.hermine.org    pour la consultation en ligne des Cahiers de l’Iroise

– http://www.charlesfourier.fr/   biographies des fouriéristes dont le breton Aristide Vincent mais aussi d’autres proches des familles Souvestre et Andrieux.

– Louis-José Barbançon, « Les transportés de 1848 (statistiques, analyse, commentaires) », Criminocorpus [En ligne], Les bagnes coloniaux, Articles, mis en ligne le 01 janvier 2008, consulté le 07 février 2015. URL : http://criminocorpus.revues.org/148 ; DOI : 10.4000/criminocorpus.148

-http://tristan.u-bourgogne.fr:8088/4DCGI/Fiche1848/849

– France Mayenne  http://past-to-present.com/A04042 ; portrait d’Edouard Vilfeu

-http://bcd.bzh/becedia/fr/finistere

– http://www.photo-carte.com  site de François Boisjoly sur la photocarte pour de nombreuses images consultées.

-https://awarewomenartists.com/publications/parentele-risque-de-photographie-amateures-professionnelles-xixe-siecle-debut-xxe-siecle-france-grande-bretagne-etats-unis/  Thomas Galifot est depuis près de neuf ans en charge de la collection de photographies du musée d’Orsay. En 2015, il a été le commissaire de Qui a peur des femmes photographes ? 1839-1919 au musée de l’Orangerie.

 

 

NOTES

[1] Pierre Ternois décède le 13 mai 1812 et laisse veuve Geneviève Bardou,

[2] Bulletin des lois de la République française Imprimerie nationale, 1827, p.13

[1] Mariage à Brest Recouvrance, le 24 février 1840 de Francart Joseph Victor né à Brest le 16/02/1817 fils de Joseph et de Louarn Marie Guillemette avec Déagostiny Marie Louise née à Brest le 16/11/1818 fille de Vincent Antoine, décédé [né le 13 février 1781 à Gênes (Italie), matelot, – Arch de la Marine Paris, CC7 ALPHA 589]- et de Calvez Jeanne Guillemette. (Généabank : Francart Bretagne). Joseph Victor est mis en retraite le 7 oct  1870 et il décède le 16 octobre 1873 laissant une veuve.

[2] Claire Sophie Francart est fille majeure de Joseph décédé à Brest le 9 avril 1807 et de dame Barbe Duchesne son épouse décédée à Brest-Recouvrance le 9 octobre 1838. Jeanne nait en 1790 et Joseph Victor nait en 1792.

[1] Adolphine Antonine Gabrielle. C’est la seule naissance Disdéri qui apparaît dans l’état civil reconstitué de Paris après 1843. Rien en 1848 ni ensuite. Elle porte le prénom de Gabrielle en référence à une sœur d’Adolphe, Gabrielle décédée le 26 octobre 1845 peu de jours après une dénommée Victorine Francart.

[2] Elle décède à 4 mois, le 6 août 1850, rue St Yves N°43.  AM Brest, actes en ligne.

[3] AD.29, 6 M 134 recensement de Brest 1851,  rue du Château.

[5] Une maison Diosse, spécialisée dans l’aménagement des théâtres, basée à Lyon intervient dans toute la France. En Bretagne, c’est cette entreprise qui réalisa la mise en place technique du théâtre de Morlaix à la fin 19ème. Une maison Diosse sur Paris est sise rue de la Grange-aux-belles comme les entreprises des familles Francart et Ternois au début du 19e siècle.
[6] Gérard Berthelom, Corine Jeanneau, Photographes au XIXème siècle, Les nouveaux imagiers de la Bretagne, Coop Breizh, 2006.
[7] Eugène René Collet-Corbinière, né à Laval le 2 novembre 1815. Il épouse dans cette ville, le 25 octobre 1836, Alexandrine Sophie Louise  Truet qui décède à Brest le 5 juin 1841 à Brest. Ils ont un petit garçon Georges né en 1838.
[8] “Salle du banquet offert à LL. MM. l’Empereur et l’Impératrice, à la préfecture de Brest ». – D’après une photographie de M. Bernier”, L’Illustration, n° 808, 21 août 1858, p. 117
[9] État civil de Brest,  1862, acte N° 940 décès  le 20 juin de  Joséphine Ternois veuve de Nicolas Francart, entrepreneur, et domiciliée 65 rue de Siam,
[11] Anne Mac Cauley,  A.Disdéri,  biographie, 1985. Elle a surtout étudié le parcours de Disdéri à partir de son retour dans la capitale en 1854.
[1] Acte de mariage le 22 septembre 1877, Paris (Paris, Ile-de-France, France) 17e, Archives Municipales de Paris, Disdéri Jules Marie Eugène & Auray Noémie Isabelle Marie veuve de Paul Edouard Thornley-Thistlewood. Veuve de Jules Disdéri, Noémie Isabelle Auray  institutrice de l’enseignement public convole en troisième noce avec un dénommé Eugène Gustave Dominique Marie Barettapiana plus jeune qu’elle.
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4 commentaires sur “Geneviève-Elisabeth Francart-Disdéri ca 1817-1878

  1. dans le journal L’OCEAN plusieurs pub sur les DISDERI entre 1859 et 1864
    et des articles sur l’exposition de Mr disderi a paris et l’ouverture de la nouvelle succursale 65 rue de siam a brest en 1859

  2. […] don’t make a deal of sense when picked up piecemeal from a few online sources but, thankfully, ellesaussi has done some good genealogical detective work that brings clarity – well, as much as can be […]

  3. […] Marie-Françoise Bastit-Lesourd. “Geneviève-Elisabeth Brancart-Disdéri ca 1817-1878”, a: https://ellesaussi.wordpress.com/genevieve-elizabeth-francart-disderi-ca-1817-1878/, [Consultat el 6 de setembre de 2014]. [3] El col·lodió humit va ser descobert per F. Scott […]

  4. […] Marie-Françoise (2006). ELLESAUSSI: Geneviève-Elisabeth Francart-Disdéri. (2)Unha especie de aduana que cobraba peaxe a persoas, […]

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